Tu veux savoir. J'ai des idées. Des tonnes d'idées qui fusent, se dispersent, prennent sens. Si tu savais. Comme l'anglais devient ma langue, s'entre-mêle. Comme j'aime regarder des créations québécoises parce que c'est un peu, d'accord vraiment juste un peu, la même langue. Ma langue.
On crie et les mots sont fort, pas les morts, les morts se taisent. Le chat est plus blanc que la neige que j'attend désespérément. Elle est venue vite fait, incroyable, trop froide pour être façonnée, partout très vite, repartie aussi tôt. Je marche dans la ville, c'est beau, imparfait et délicat, brut pourtant, ça se tiens. C'est fermé avec de grandes fenêtres. c'est complexe mais sans prétendre. Ca en impose, comme une vérité. Ni légère ni lourde, elle respire, comme les coups de vent qui glacent dans ses rues. J'attends près du café, pas devant. Je regarde des robes de mariée et je m'attend à ce qu'il arrive par la droite, devant le café. Soudainement quelqu'un se tiens à ma gauche, bien sûr c'est lui. Je suis un peu gênée d'être découverte à contemplé tout ce blanc, je pense qu'il est marié, que tout le monde peut regarder une vitrine près d'un café où l'on a rendez-vous. On enlève nos écouteurs en même temps. J'essai de parler et je réalise que mon visage est gelé. J'ai tellement froid que tout est engourdi.
Si tu savais comme ça me recharge. Les mots mettent du temps à venir. Le café est commun et assez neutre, mais pas trop. La part de gâteau est bonne, classique, sans plus. Je décline la chantilly parce que je ne m'y attend pas, il comprend. Tous les mots sont durs. Difficile à extirper. Je value le silence alors je nous laisse respirer. J'attends. Je ne le confronte pas. Rien. Je sens l'angoisse montée alors je parle, je parle de tout, de n'importe quoi, de toute façon parler ça me fait tellement de bien. Je pense tout haut, cela rend mes pensée réelles, factuelles, présentes, je vis. Finalement il se libère des phrases pour lesquelles nous sommes venus, facilement, on ne se regarde pas trop mais dans les yeux. On repart sur le reste. Assez longtemps. Plus que je n'aurais cru. Ce n'est pas évident mais tout est naturel. Il me laisse parler. Il me répond. Il m'écoute. J'existe. Je communique avec quelqu'un. Je partage des morceaux de moi. J'ai une conversation avec un être humain. De chair et d'os.
Si tu savais comme c'est important.
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