Johnny Rep à Rimini le soir où l'Allemagne menait 6 - 0 contre le Brésil, mais si rappel toi, c'était en 2014, tu habitais à Londres, avant le grand départ. J'envoie des crépuscules, j'en vois, rappel les valses enivrées, à bascule, les mains liées. Alignes toi là, sinon on t'verras pas, sur la photo. En plus il faisait beau, comme il m'écrivait tous ou publiait partout leurs victoires, leurs années signées, les diplômes en poche, les entretiens d'embauche, les premiers boulots de rêve.
Yann, c'était avant la mer, avant l'averse, avant que tu t'enlises, j'invente je tisse et lisse, j'essai de faire mes gammes et je galère, je galère, pas de rythme ou tempo j'ai perdu la cadence j'essai de t'écouter, te suivre, toujours de bon conseil , tu fais filer mes doigts, sur le métier qui les rend si lourds et mes yeux que je ne peux fermer. Allez ça va revenir, comme tout ça se travail, se cultive, se laisse en friche parfois, a tailler, à relire, à découper. Le secret c'est de ne pas s'arrêter, se laisser porter, je m'étouffe avec toutes ces virgules mais je tape si vite, ça m'effraie, on dévale la pente de pavé à toute à allure et tu sais comme je suis peureuse. J'y comprend rien à ces groupes de verbe, je vois bien que je devrait coller des e là, au lieu de mes t, mais ça j'ai jamais su, vraiment. J'ai plus honte parce qu'il n'y a plus de professeur pour raturer en rouge. Tout vient à point qui sait attendre, mais si j'aimais les choses saignantes ? Olala je sais les copines, c'est pourri. Allez riez un peu, secouez la tête, laisser moi trébucher pour voir, il faut tout reprendre depuis le départ, savoir rire de soi même, fumer encore quelques cigarettes quand le temps s'y prêtera vraiment, et du vin.
Le chat s'est encore assis sur le bord de la fenêtre duquel il est déjà tombé une fois. Je regarde les rois et reines réduit à de petits numéros gravés dans du bois d'écolier, ça me fait sourire pas penser.
Je n'ai rien dis pour tout le sel que j'ai perdu, et quand il m'a emmené près de l'eau, l'odeur des algues vertes, et le lendemain sur l'île, de là tu peux voir Tuomiokirkko et aussi la mer à perte de vue, des deux côtés, marcher sur les rochers en pente, les goélands qui volent tout à côté de toi, le vent, et le sel, tu sais l'odeur du sel, j'inspire la bouche ouverte, à plein poumons, il faut que ça retourne sous ma peau, dans mes organes, que j'en fasse le plein, et quand j'y serais pour de bon il faudra retourner encore, aussi souvent que possible avant que l'hiver ne s'installe, avec qu'il ne fasse nuit sans arrêt.
Je ne sais pas exactement ce que c'est, mais il y a quelque chose dans ces grands conifères, dans l'odeur de la résine, la couleur à la fois pastel et chaude des immeubles, la taille des rues. La ville respire. 
Leurs visages. 

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