Tout me glisse entre les doigts. La sueur au goût doré des journées tièdes. La peau toujours chaude sous mes doigts glacés, plus blanche que la mienne. Tout a le goût ascétique et délicat du froid, des grands arbres du nord. Tout a l'odeur réconfortante du feu de bois et la douce amertume du chocolat à l'orange. La détermination, la dureté, la force, tout en subtilité, en larmes, en sensations et en sensualités. Les ogres de l'enfance me regardent du fond du bois me baigner nue dans le lac. Même si le désir et l'égoïsme sont toujours aussi violent, l'envie de se faire confiance et de ne pas se heurter est la plus forte. Il n'y a pas de médailles à donner mais des constats délicieux à faire. Derrière la porte il y a le désir pour les autres, les hommes et les femmes, les genres et les identités, à ne pas brider, à respecter, à contenter sans se blesser. Alors il faut parler. Tout dire, la peur au ventre, les mots franchissent enfin mes lèvres et je n'ai jamais été aussi libérée. Je pleure dedans, je veux hurler, casser des choses. J'attend, je dis, j'énumère, j'explose et rationalise, j'apprend. J'avance. Une chose à la fois, un mot tranquille ici ou là. Accepter la moquerie bienveillante. Se jeter à l'eau glacé. Rire, rire à gorge déployer. There is always something happening. Et tout ce chaos c'est simplement mes yeux ouverts de nouveau, la réalité. C'est maintenant la vie, c'est là, à cet instant qu'il faut tenir les portes et partager les repas.
Apprendre chaque jour une nouvelle chose et renoncer à une autre. Kate Bush murmure dans mes rêves aux couleurs saturés, ces rêves morbides et doux qui reviennent me hanter avec calme. Les cadavres d'animaux qui n'ont rien de triste ou d'ignoble. Je dois couper mes cheveux. H. a coupé les siens. Toulouse ce serait beau. Les mains de mes amies me manquent. Je ne veux pas vieillir et que la tendresse se perde. Mes lettres sont un peu rouillées mais souvenez-vous, moi je peux écrire des deux mains.
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