Pierre,

Il est tard pour t'écrire. Je pense beaucoup à toi ces dernières semaines. Cela fait tellement longtemps que je ne me souviens même plus quand était la dernière fois. J'essai de me souvenir de ta colère, de tes raisons. Où es-tu ? Mon meilleur ami. Que portes-tu ? Pas de chaussures. Que fais-tu ? Des échardes roulent sur la corne. Il y a si longtemps que je doute du sens des souvenirs. J'étais fière comme tout, mon beau copain, si fort, si bon, si drôle. Le présent vacille comme une bougie un peu misérable de saison, Noël. chaud et tendre, accueillante. Brûlante et si faible. Réveiller les souvenir c'est comme essayer de me pincer en cours de maths, faut pas que j'm'endorme, faut pas que j'm'endorme. Probablement parce que je n'ai pas d'imagination. Bon, c'est faux. Probablement parce que tout est cadenassé.
Quand y'avait pas de pub sur youtube. QUAND ET QUAND ET QUAND ET AVANT C'ETAIT MIEUX AVANT C'ETAIT MIEUX QUAND ON NE SAVAIT RIEN. Quand je ne me trompais que dans une seule langue. Mon disque est rayé depuis toutes ces années. Je devrais me raser la tête faire quelque chose. Avoir l'impression que les choses changent. Une grande maison où l'on pourrait être toutes seules toutes ensembles. Au moins j'écris. Au moins je me lève le matin. Au moins je ne dramatise plus - moins. PLUS OU MOINS. Quand je pense au sexe avant sérieux en fait c'était toujours nul/horrible. AVANT ON SAVAIT PAS. Je ne comprend rien de ce que les gens disent. De la musique en idiome. Encore une autre culture. Sortir du cadre. Olala qu'est-ce qu'elle prenait des photos pourries elle. EN VRAI. Je mets des capitales parce que ça me saoule ce clavier, mais ça me saoulerait le crayon. Ce qui me gave c'est ma lenteur, torpeur, ravageur. Tapage en nage. Ta gueule. Je pourrais demander qu'on étende un grand drap et qu'on peigne ensembles. On pourrait même peut-être boire du vin ou de la vodka ? C'est un peu la basse saison, c'est les fêtes, je ne rentrerais pas en France. Peut-être on pourrait faire ça ?
Toi, moi, les autres. Un poisson rouge. Peut-être même on pourrait fumer.
Tous nus. Tous les trucs qu'on fait pas dans notre vie qu'on essai de ranger tout doucement à pas de loups comme notre appart, pour pas qu'on meurt comme les gens qui passent sous les camions en vélo ou qui chantaient pour les plantes pendant des heures.
Le temps tu sais ça passe tellement vite que ça n'existe pas et on est rien qu'un moins qu'un grain. Ou peut-être pas, peut-être que rien de tout n'existe, qu'on brûle des chats qui n'existent pas. La douleur, l'information, les choses qu'on invente et qu'on voit. Ses petites pattes toutes douces et les griffes profondes. Intimité acérées. Des pinceaux en dents de lion. Kiitos hyvää or something.

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