Some may be from showing up.
Ce qui me manque le plus, c'est l'odeur du sel. L'air iodé plein les poumons grands ouverts dans le froid matinal. L'hiver et la mer grise.
Je sers les dents, dessers les doigts, referme encore la main sur la barre de métal glacé et rugueuse, sens les cloques et les ampoules se former, inspire, bloque, continue. Me laisse abattre certains soirs mais continue, enchaine les séries même si je n'ajoute pas de poids, le truc c'est d'aller jusqu'au bout.
Je fais mon lit au carré et je nettoie presque minutieusement, je continue de lâcher prise et de m'enfiler de la bouffe alors que tout ce qui pourrait me combler ce sont les mains des autres. Mais ce qui compte c'est d'aller jusqu'au bout. De finir la journée. De ne pas m'arrêter de rouler malgré la douleur lancinante après onze heures sur les patins. De ne pas m'arrêter de faire les choses absurdes qui remplissent les jours, qui donne du sens, même pathétique, à ma présence. Ce qui compte c'est ce moment de recul que les années nous ont appris, cette sortie de l'eau rapide pour reprendre sa respiration, et replonger aussi sec.
J'ai mal au dos parce que je me frotte aux garçons et qu'ici ce sont eux qui donnent la leçon. Rude, parfois un peu humiliante, efficace. Je me glisse entre les filles et j'ai raison de me méfier. J'apprend à être un peu plus sage et à ne pas mêler les honnêtes gens à ma merde. J'essai en tous les cas.
Dans ma robe à sequin je finis ma pinte en regardant comme une louve menaçante les corps qui me plaisent danser sur les beat assourdissants qu'on quitte trop tôt. J'en pleurais dans le métro mais je sers les mâchoires, encore, un esprit sain. Un mental fort. Ce en quoi je crois fondamentalement.
Ne pas me trahir, ne pas tenter de traduire. Loyal to no one, loyal to myself.
Parfois le sang appel aux ras de marée d'alcool. Mais comme je me sens devenir plus puissante et plus rapide quand les corps s'entre-choquent, je me noie dans la sueur plutôt que dans le vin.
Parfois mes poings se serrent et montent en garde face au vide, mais comme je frappe plus fort, sans souffrance, que ma vision affûte mes choix malins, j'en relâcherai la peur.
Viens taper sur mes côtes.
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