Les fantômes. Mon père, de dos, sur la terrasse, fait le robot pour amuser Jules. Tout ce que je vois c'est un vieil homme qui tremble et je crois qu'il fait un malaise. J'appel une fois, deux, trois :"Papa ?! Tout va bien ?" Il se retourne en riant mais c'est trop tard je pleure, j'ai eu si peur.
Je me couche tôt, ne me lève pas trop tard. Je dors mal. Ma mère dort avec moi pour ne pas dormir avec mon père. Je voudrais être seule. Elle ne lui parle pas, elle le puni sans cesse. Je lui en veut, je lui en veut tellement. Pour essayer de trouver le sommeil je pense à leurs bras. Je pense à leurs étreintes rassurantes. Je pense à Julien. Je dors toujours bien dans les bras de Julien. Je sais qu'il me protège, que je le protège. C'est idiot. J'ai pensé aux bras de Martin mais je n'ai pas pu m'en souvenir, tout était trop beau pour être vrai. Je voudrais me lever et leur dire fièrement : je veux mieux que vous, vous ne me méritez pas. Vous me prenez pour une idiote ? Cette lettre je ne risque pas de la recevoir puisque tu ne l'as jamais écrite ! Et à qui veux-tu faire croire que cette Monica ne partage pas tes nuits, tes jours, ta vie ? Te sortir de mes souvenirs. No dore, no day. Quant à toi, je ne suis pas partageuse, choisis moi ou choisis mal, mais je suis de celle que l'on prend pleinement, fièrement, exclusivement.
Toi, avec ton petit sms bien senti des années après. Je devrais t'appeler, encore et encore, et finir par laisser un message et rire, te rire au visage, rire dans le combiné, rire sur une stupide bande enregistrée. Juste rire. J'ai gagné.
Je voudrais me lever chaque matin, fière, sûre, sans peur. Je devrais me lever et avancer. Je suis. Seule. Je suis supposée être cette femme forte et indépendante. En colère et juste. Qui ne subie pas.
Je peux à peine respirer. À peine respirer.
Je sens les insectes ramper dans mon lit, je vois les frelons me piquer dans la bouche. Les larves de futurs papillons naître dans mes oreilles.
J'ai soif. You left me in the dark.
Toutes ces angines de ce que je peux dire. J'ai tout sur le bout de la langue mais.
Il est temps d'aller boire quelques verres.
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