Je n'arrête pas de penser à cette petite blonde dans ma tête, qui, en réalité couchée sur le papier, ne savait plus déchiffrer les symboles précis qu'elle parcourait si intuitivement peu de temps avant.
Je n'ai même plus de boule sur mon annulaire.
So I stay in the darkness with you. I'm not pure anymore. Je me suis souillée. Je regarde les lignes de mes mains. Je voudrais me noyer sous les averses. Je monte le son, trop fort, j'en ai mal aux tympans. Mais je voudrais qu'on me réveille. Réveille toi. Réveille toi tout au fond. J'ai besoin de toi. Reviens, je te sens encore. Je sais que tu es là. C'est toi la chaire de poule. C'est toi les doigts qui tremblent. C'est toi le souffle haletant. Viens, restes encore avec moi. J'ai besoin que tu parles. Parles moi.
Cette chaleur moite et dégoulinante de l'alcool, entre les bras, je ne les sens pas, je flotte, à la surface de litres de. Bière. Vin. Peu importe. Je flotte et je dois avoir les paupières lourdes, au moins aussi lourdes que celle d'Anna Karina. Je dois pencher la tête, et sobre il trouverait ça lamentable, mais là, tout de suite, il pourrait tomber amoureux de moi. J'invente car je ne m'en rappel pas. Je me rappel juste à quel point j'étais irrémédiablement attirée. Je me rappel juste à quel point je sentais que c'était mal. Je sentais que j'allais lui faire quelque chose de mal. Que je voulais encore être la fille maigre qui délire sur la table. Sauf que tout était inapproprié. J'ai mentis, je me suis mentis. J'ai encore fais celle qui. Mais tout ce que mon corps voulait c'était que les vieux trucs marchent, et qu'il soit à moi.
Je ne me rappel pas du goût des baisers. Mais moi je devais avoir un goût de clope. Il n'est vraiment pas fait pour moi. Et je suis certaine de n'être pas faite pour lui. Mais j'en avais tellement envie. Alors je l'ai pris. Je regretterais peut-être. Plus tard. Je crois quand même, si je me rappel du matin. Que c'était très doux. Ca le sera surement trop pour moi. Mais c'était doux. Délicat. Plein à la fois. Et je me lèche les lèvres. Comme on se lècherait les babines. Et j'affute mes canines. Et je serais peut-être celle qui y perdra. Certainement même. De découvrir de nouveau que c'était vain. Et abusif. Et qu'il sera peut-être finalement celui qui abusera de moi. Pas l'inverse. Mais les lèvres des autres c'est toujours. Une chose que j'ai horreur de me refuser. Et c'est peut-être juste le manque. C'est peut-être juste hormonal. Chimique. Certainement. Comme manger. J'en ai besoin.
Ha je te sens, tu es là. C'est toi la séductrice. C'est toi qui voulait me jeter du quatrième étage.
C'est moi qui t'empêche de te jeter du quatrième étage. Je te fais poser les mains sur le rebord de la fenêtre mais je suis aussi celle qui te laisse jouir seule, au fond de tes draps. Je suis celle qui choisi pour toi de trop boire, celle qui choisi pour toi de te lancer. Je suis ton égoïsme. Je suis toutes tes forces. Alors tu ne sautes pas.
Plus fort. Parles moi plus fort. J'ai besoin de toi pour.
Ils me sautent à la gorge. Comme autant de morsure et de plaisir, comme autant de soupirs, ils sont. La jetée en béton, les rues vides. Les discours en porte close des anarchistes. Les armes qui rutilent au soleil, le café qui tue, l'absence de larmes qui condamne, les germes du mois de Mai, les. LA CHALEUR. J'ai peur au milieu de tout ce plaisir. Reste assise. reste là. Nous n'en avons pas fini avec toi. Laisse nous monter. Ne nous cache pas. Ne nous enferme pas. C'est nous les desseins sur les murs, les devoirs excellents de la dernière minute, les fulgurants. Tes éclats de. Tes pensées acerbes et précises. Tes phrases gravées. C'est nous les malades qui adulons les maladies. Rappel toi. C'est nous la brûlure. Rappel toi de cette attention au détail. Ouvre la mémoire. Accouche encore une fois. Ne nous blâme pas. La fourchette plantée dans la main. T'es-tu entendu sifflé la comptine ces derniers mois ? Mercure dévore son fils.
Et n'oublie pas. Elle peut te serrer dans ses bras mais elle te jetait contre le mur.
Je crois qu'elle en a mouillé sa culotte.
Et elle rit. Et elle rit en silence à l'abris de l'orage, la pluie qui nourrie tout. La terre si sèche depuis des heures, des jours, l'orage claquant, clinquant, qui déverse sa petit colère d'adolescent meurtri. Contenu par le soleil. Si peu. Les pierres en fument. La robe est trempée. Une robe blanche. Elle danse sous la pluie. Tout est si facile, si lourd et clair, lavé, les blés resplendissants.
J'ai envie de vomir.
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