Pertinence. Ca me sert le coeur et puis ça me rassure, c'est comme le bruit du ressac, ça ne peut pas disparaître ; c'est ce qui fait qu'on ouvre la bouche pour reprendre un peu d'air, ce petit soubresaut quand les organes sont en apesanteur, une demi seconde, entre deux bosses sur la route.
Je rentre dans la salle, je me fond dans la foule et un garçon me tape sur l'épaule. C'est mon cousin, et derrière, toujours aussi petite je ne l'avais pas vu, ma cousine. Je m'enthousiasme avec courtoisie mais je m'aperçois que je n'ai rien à leur dire, ça ne me rend pas triste, ça ne me met pas en colère. Je découvre que je ne lui pardonnerais jamais et je regarde les filles. Je regarde les filles.

A chaque fois ils me frappent au fond de la rétine. Ils ont cette petite chose. Ils ont cette gentillesse, cette douceur, qui n'est pas toujours évidente. Ils ont ce charme indescriptible dans leur manière de parler, de pencher la tête, d'observer. Ils ont ces maladresses pleines d'assurances, ou peut-être est-ce l'inverse, ces petites choses dérangeantes mais que je sais serrer mes entrailles avec les prémices de la chimie qui peut se transformer en désir incandescent et parfois même, un jour, nourri par d'autre flammes, en amour qui calcine.

Ils ont tous cette petite brûlure que me faisaient la cigarette au matin, quand j'avais trop fumé pendant des jours. Cette douleur qui intime au réflexe de jeter la cigarette, mais le plaisir est si fort, si bon, et la douleur si vive et courte.

Je fais semblant. Je me la joue. Celle qui s'en fout. Celle qui séduit. Celle qui décide. Je fais la belle. 
Et chaque fois je recule, je recule, et puis je m'y jette. Ou j'y trempe le bout des lèvres, mais c'est trop tard, de toute façon. Depuis le premier regard, le premier mouvement, je cherche les sables mouvants, exprès, pour m'y débattre, pour leur montrer qu'ils peuvent me noyer de sable, j'irais jusqu'au bout. Je sais qu'il suffit de n'y plus bouger.
Elle revient toujours me ronger cette petite pute avec son grand J. Pour qui elle se prend cette maligne.

Cours. Cours me dit mon cerveau. Cours, je le sens dans les muscles tendus, bandés, prêts à sprinter. C'est dans cet état que j'aime qu'ils me tiennent. C'est comme ça que je les reconnais. 
Qu'on aille pas croire, je ne me la joue pas victime. Je suis si bien, juste là. Juste là où ils peuvent m'atteindre, où je n'y crois plus mais si, ça ne s'en va pas, ça ne partira pas. Beat me up and go on. 

Allez viens, amusons nous. Rien ne me plaît plus que le jeu de la sincérité. Jouons.

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