Je m'installe et les murs me semblent si familiers. Putain mais vas te faire enculer. C'est bien la peine de perdre tant de temps et de pognon pour se défaire de ça. De ce truc qu'on attendait tellement. Pauvre connasse. Pauvre connasse. Je ne regrette pas du tout de t'avoir frappé. Et j'y pense sans arrêt. Les marques dans le mur c'est ce que je t'épargne. Je m'imagine te torturer pendant des heures. Te frapper la tête contre les murs. Je m'imagine te découper en morceaux. Te cogner, te cogner, te cogner.
Je veux juste que tu sois tranquille et que tu ailles mieux. Que des gens t'entourent. Que tu sois libre. Mais vas te faire foutre. Parce que tu nous as tous emmenés jusqu'ici. Si tu as oublié, pas moi. Si tu trouve ce coup de poing raté plus grave que toutes les claques, que toutes les fois où tu m'as secouée, balancée contre les murs. Dis toi que dans ce petit coup de poing il n'y avait la place que pour une minute de la violence et la colère que j'ai à ton encontre. Et tous ces objets cassés, jetés par les fenêtres, à la poubelle. Toutes ces humiliations, à me fliquer. Toutes ces punitions parce que je ne rentrais pas dans  le schéma qui pouvait peut-être te calmer. Serrer ses lacets au point d'en avoir mal aux pieds, remonter son sac à dos, fermer son manteau. Ta colère monstrueuse. Tu veux savoir comme tu effraie les gens ? Dans les magasins je sens la gène monter, pauvre folle. Ce n'est pas une manière de parler aux gens. Pour qui tu te prends ? Je pourrais te tuer. Ce serait facile. Tu te débattrais mais ça rendrait le boulot encore plus marrant. Te prouver que c'est moi la plus forte, que c'est moi qui t'écrase.
Tous les mots comme des poignards. Alors moi aussi j'aiguise la langue avec brutalité désormais. Pourquoi je t'épargnerais ? Parce que tu menaces de te suicider ? Mais je n'ai rien. Je n'ai rien à perdre. Je n'ai pas d'amis. Je n'ai que des centaines et des centaines de connaissances légère. Les gens me détestent mais ils ne s'imaginent pas une seconde la haine que je me porte. Comme je me répugne. Je n'ai que du confort matériel illusoire à perdre. Ma famille me hais, et je le lui rend bien. Je n'ai que toi maman. Alors si tu décides de m'enlever les biens, pour te donner raison, pour te prouver que tu n'as pas perdu ta vie pour rien, que tu n'as pas construit tout ça sans droit à le détruire. Si tu m'abandonne. Je n'ai rien à perdre. J'ai l'âge d'une adulte mais je ne suis qu'un petit animal gueulard. Je ne sais rien faire. Je pense mal. Je suis haïssable, pitoyable. Tu n'as plus de place pour notre colère, il faut que tu t'enfuis, que tu te répares, te préserve. Mais pas sans tout nous prendre bien sûr. Et si en premier lieu tu n'avais pas déclenché tout ça ?! Pauvre conne.

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