Je n'ai jamais été aussi entourée. Je fais partie de cette immense famille, de cette grande marée de femmes aux quelques remous masculins. Beaucoup de verres levés, de coeur dessinés, de cris de joies. Je n'ai jamais été aussi seule. Je n'ai jamais perdu la foi, il me faisait simplement mentir, à dessein, par désespoir. Mais où sont les croyants. Où sont mes croyants. She just needs somebody to say "you can do it". La foi, celle des autres. L'attente interminable dans le lit chaud, sur le bureau glaçé.
Je vais peut-être cesser de boire, pour voir, si j'arrive à la fermer cette foutue bouche. Je me sens si seule. Si putain de seule. Plus ça va et moins je supporte la compagnie des autres, de moi même avec les autres. Les mots transparents qui sortent de ma bouches, les mensonges de mes gestes, l'incongruité de tout. Mon visage absent et ces vêtements qui ne savent plus qui ils vêtent. Je suis trop jeune pour avoir jamais été quelqu'un, je ne suis qu'un éternel brouillon. Comme tout cela m'indispose, je n'ai plus l'envie d'endormir qui que ce soit avec mes discours. Mais j'ai beau monter le volume, je ne ressens plus rien. Plus rien. Je ne ressens plus que la honte, pour finir.
Alors je me repasse encore ces coups de poings. Je me repasse en boucle les regards de haine. Je me revois tromper, mentir par omissions, mais l'odeur de leurs mains, l'odeur de leur sperme, des litres. Je me souviens inlassablement de l'odeur de pourriture que tout avait pu prendre. De l'état de néant que j'avais pu atteindre. Sans plus aucun espoir, sans plus aucune attente. Toute cette douleur à noyer encore et encore. Et c'était si facile. C'était si facile, je ne pouvais même plus pleurer. Nous faisions semblant de jouer. Le soleil percant et l'odeur du sel. Les black out, par pitié. par pitié. Oublier.
Elle me semble si loin l'époque où je perdais mon temps à revivre mentalement les bonnes choses, les paysages inondés de lumière, les baisers qui irradiaient, les rires des amis, les déclarations enfouies. A m'imaginer l'avenir, et que ferais-je si.
Le temps, cet enculé. Ne pas penser surtout. Ne pas penser. Quand nous étions si jeune, Mael me disait qu'il préférait cauchemarder la nuit, que ses réveils en étaient légèrement moins douloureux, qu'ont-ils bien pu devenir tous ? Survivent-ils ? "Tu sais, je n'ai plus de nouvelle de ce Simon là mais je crois que ça ne va vraiment pas bien." Oh mon gamin, tes beaux yeux bleus, comme la mer qui te faisais vivre encore, un peu plus fort. Ta peau tanné. Toutes ces choses que tu ne me disais pas, penché sur ta guitare. Mes petits.
Je n'ai plus rien à partager, je voudrais trouver le silence. Au moins par respect de cette si grande famille qui me retiens encore un peu, qui m'empêche.
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