La torsion molle et l'impuissance immédiate. C'est mon tour, renoncer pour quelques semaines. Mais dans les cris de Lison je distingue déjà un tout premier timbre de voix. Je m'extasie, non exhaustive, sur les yeux bleus, les peaux trop blanches, leurs cheveux longs, leurs ventres gras, les jambes fines. Je regarde ce petit monde tourner à gauche, inlassablement, la puissance des corps qui s'entre-choquent et la sueur sous les casques. De chansons en noms hurlés on se casse la voix, je dois juste plisser les yeux, me concentrer, et je peux ressentir toutes ces sensations douloureuses et parfaites dans mes jambes immobilisées. Il fait beau, froid, trop de vent, trop de cigarettes, dans mes toux je ne retrouve rien de la mélancolie maigre. Les cris étouffés dans les toilettes, je n'ai plus envie, plus aucune envie, c'est le désir qui s'est englouti lui-même, voyeuse, je ne suis qu'une voyeuse, ça ferait peut-être de moi une voyouse ? Je m'exaspère, garde le silence, attend, ai peur, et puis, très doucement, les mots me viennent, je suis plus claire et plus concise. Comme ils ont de la chances ceux et celles qui s'aiment. Comme je les plains pourtant.

Si je pouvais danser, maintenant. Je ne sais plus de quoi j'ai peur. De quoi j'ai eu peur. Je vais danser. Demain, bientôt, le mois prochain, l'année suivante. De fous rires en larmes tendres.

Tu sais mon Pablo, je me lève le matin. Mon petit. Mon tout petit. J'irais encore hurler des poèmes à la mer, et parler très fort dans les bars, tout dire tout de suite, tout dire et trop. Penser trop vite, juger souvent. Revenir, repentir. On en aura de longues discutions, dans nos têtes. Tu seras fier, pour un mort.

Tu seras fier, si tu me vois.

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