De tons qui montent et se chevauchent aux soupirs exaspérés, on en est vite arrivés à se dire que ça ne servait plus à rien. Ensuite c'était le soulagement, les nuits à gémir, les ongles griffant le galion, les roses et l'indienne, effleurant les anneaux. Et puis de nouveau Marla fâchée, une enfouie du souvenir, qui tire à tord et se tire. Alors les langues des beaux garçons, les yeux émeraudes et les cheveux jais. Déception des mains qui façonne le bois qui chante, l'habit ne fait pas le. Ta gueule. Ta petite gueule entre la bière qu'on me paie et le canapé en cuir sur lequel je m'avachie, abattue par les plateaux lourds de verres mais surtout par ceux que j'ai enquillés toute la nuit, jusqu'au petit matin du vélo volé. Tes yeux clairs sous les cheveux transparents, les jambes maigres qui veulent tourner le dos à tous ces alcooliques qui ne bougeront jamais pour si peu de rock n' roll.
Les grandes mains qui m'appellent à revenir. La peau diaphane, la machoire franche qui vient me mordre la nuit dans les chambres d'amis, dans les chambres d'hôtel. Tous ces silences, je me réveille en sursaut pour te susurrer "don't sleep please, don't sleep", mais pour qui est-ce que je te prend ? Bien sûr tu ne vas pas dormir, pas plus que tu ne vas manger. Tout devient bleu, bleu et transparent. Et tu es parfait, entre mes bras. Les filles te regardent comme si elles voulait te manger, et elles n'oseraient même pas. Et je préfère ne pas me croiser dans le miroir alors, car que peux tu bien faire avec ce corps là ? "skinny, skinny". On ris et on a besoin de beaucoup boire, lancer vos billets sur les comptoirs, ne pas dormir. Enchaîner les shots. Ne pas manger. Avoir de longues discutions sur le sexisme. Tes yeux de chat et tes murmures.
De toute façon Melbourne c'est loin. Alors je couche avec les exs et c'est de plus en plus mauvais.
De toute façon Melbourne c'est loin. Alors je lorgne sur les refs sexys bardés de tatouages, les néerlandais ça m'a toujours fait mouiller, certainement un Electre pas bien liquidé.
De toute façon j'ai plus le choix, je coche les cases pour faire 6 heures de mathématique et 4 de physique-chimie par semaine, je préfère ne même pas penser aux option de physio et de physique cardio-vasculaire qu'on m'a collé en plus. Et Christian au loin qui dit à mes parents affolés, que sa meilleure élève n'a pas pu perdre son potentiel, mais je n'en ai jamais eu mec, je sais juste lire et encore.
Je monte le son, les boites à rythme, les guitares faciles. Epargner les centimes pour aller se faire piquer et trouer. De toute façon Melbourne c'est loin.
Et j'écris plus.
Des chattes en sang.

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