Je faisais les rêves de plombs, aux réveils brûlants je refusais le saut du lit.
Pour cette année les assiettes brûlantes et les coupures nettes du verre. Je n'ai pourtant rien perdu de ces apocalypses, mes croyances irréductibles. Aux terrasses le soir je m'installe avec les soulards, l'alcool ne m'a pas atteinte mais je porte les voix, les chansons de toujours. La chaire de poule le long du cours de Chazelle, les platanes horribles encadrant avec majesté le folklore qui lasse, mais cette foi intransigeante parmi les notes fatigantes du bagad.
Je nage dans l'eau transparente et froide, m'écorche la plante tendre des pieds sur les rochers, le soleil qui  frappe de plein fouet, écarquillant l'encre sous nos peaux. Ces bateaux partis depuis longtemps entre mes soupirs. Je me suis souvenue d'un rêve, il y avait si longtemps. La langue trempée dans le noire de ma Guiness, Thomas plus blond que jamais qui n'a pas changé depuis nos 11 ans, traverse la foule.
De nouveau les rires au larmes, les souvenirs à bâtir, les peaux à piquer, futur désolé en sourires.

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