Tu peux changer de nom et elle peut cesser de peindre. Je peux m'arrêter après un verre et ne plus sortir la nuit. Elle peut se mettre à avoir peur et il peut ranger ses gants.
Ici le soleil ne se couche plus. Il n'y a nul part où aller, car finalement, tout est en place, c'est dans nos ventres ou nos coeurs, un de ces organes si nécessaires, un de ces entremêlements.
Au fond toujours on y reviens, vous êtes ma propre troupe du suicide. Trop important pour nous tous de se glisser entre les pages d'un poème noir, se laisser aller dans l'étreinte d'une veste en cuir ou aux larges épaules. Trop encrée partout sur nous les sons distordus et les cris, les rires et les psychoses, la douleur qui culmine en orgasme, la peine dans le regard des autres, se sentir, vivants, morts, peu importe et indépendamment. C'est là, ma maison, mon endroit, mon calme, ce chaos noir et silencieux et souriant, elle m'attend, les bras grand ouverts, toujours au tournant pour moi. Une constante sérieuse, je peux compter sur elle, pour toujours, on y revient. Libre et inatteignable et si forte. Mes poings oiseaux s'écrasent sur ses joues, est-ce qu'il pleure ? Tu sais pourquoi mes lèvres sont toujours rouges ? Comme leur sang. Dévorés de l'intérieur, dans mes rêves violet et délicieux où les femmes et les filles s'enchainent et s'embrassent et le soleil ne se lève pas.
Cachez-vous, brûlez les ponts, reconstruisez. Je sais que je vous y rêverais, reverrais, au croisement, dans un rade imaginaire, un endroit en noir et blanc où il fait toujours brumeux mais on ne peut jamais voir l'eau. Un endroit sale et. J'ai juste à fermer les yeux et vous êtes tous là, jamais partis, peut-être absents mais, pour toujours, en l'un et l'autre, amarrés pour l'éternité, carcasses qu'on n'échouera jamais au cimetière parce que la marée ne descend jamais assez.

https://www.youtube.com/watch?v=XaSVkb_XLt4

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