Je me sens vide. Tout est tendu prêt à se rompre. Je sens le sucre transpirer par mes pores. Jusqu'à y crever leurs forces, ils marchent sans sourciller d'un pas irrégulier. Je m'assoie sous la barre et je sens qu'aujourd'hui je ne lèverais aucun poids. Chloé. A l'endroit pour une fois. Je me sens partir mais je m'accroche très fort. Je monte le son et je ne me laisse pas aller. Je n'ai rien à t'écrire. J'essai de survivre et de garder la tête froide. Je me colle dans le frigo pour ne pas perdre la boule. Pour ne pas tout laisser me consumer. Faire ce qu'on attend de moi. Ne pas être une victime. Ne pas me placer en victime, faire les choix. L'angoisse me dévore et me ronge, l'acide amertume de mes trouilles irraisonnées. Mais je me bagarre. J'irais au delà. Je me bagarre. J'en ai mal au coeur. Catherine Ringer crie dans mes oreilles. Je suis tout au bord mais je contracte tous mes muscles et ne me laisse pas tomber.De toute façon j'veux pas pleurer, j'peux pas me moucher. J'ai peur, j'ai si peur. L'idée de n'avoir rien à t'écrire me fait flipper aussi.  La meilleure amie de C. a essayé de se suicider, tu sais, c'est avec elles que je suis allée à ce concert. Je voudrais m'entraîner tous les jours et avoir une hygiène de vie irréprochable, il parait que je me débrouille bien, je ne sais pas, tout ce que je sais c'est ce que je sens. Que je pousse et saute et tire et transpire et souffre. Que je sens quand je contrôle absolument mon corps ou me laisse porter et tout s'emboite, tout fonctionne, tout prend sens. Tout ce que je veux c'est ne vivre que la nuit et m'inonder d'alcool, me noyer de sons et de peau. Tout ce que je veux c'est trouver. Mettre le doigt sur. Quand je parcours ces années de photographies je ne regrette pas, je vois le chemin fait et je suis fière et heureuse. MAIS POURQUOI CA TIRE SI FORT ? Pourquoi ça sert mon coeur comme un étau. Tout le monde crie et pousse. Tout le monde ment et charrie. Tout le monde a peur. DE LA NAISSANCE A LA MORSURE. Je me force, je me contorsionne, je me raisonne. Je m'empêche d'être en colère. Tout le monde est en colère. je ne veux pas céder, pas me laisser définir, emprisonner, par les événements, mes émotions, les choses faciles. Je vaux mieux que tout ça. Je peux prendre la décision, je peux faire le choix, je peux être libre. Je suis capable de me faire frapper à tout allure et me relever, je peux bien sortir et prendre le métro ? Cantat hurle à la lune, pourquoi je mentirais ?
Je dois juste garder la tête froide, garder mon calme. Un peu plus longtemps, juste un peu plus longtemps. Ca passe toujours. C'est comme perdre son sang, ça revient mais ça ne dure jamais bien longtemps. Je dois juste faire face, je dois juste continuer, ne pas sombrer, je ne vais pas sombrer, et ça m'étouffe, ça pèse sur mes poumons et je ne peux plus leur parler, je ne peux plus penser, je ne peux plus me raisonner. mais c'est moi qui décide. c'est moi qui décide. Mais c'est comme quand Raw me tient derrière elle et m'enchaine, j'ai peur aussi et j'étouffe aussi et mes jambes ne me portent plus, mais il n'y a pas d'abandon possible, pas de lâché prise. Tout ce que je dois faire c'est imaginer que je suis encore sur des patins. Qu'on me demande juste d'esquiver et d'encaisser, de réagir de la bonne manière, de prendre la bonne décision, de repartir tout de suite après un mauvais choix. D'être celle qui mène le jeu et décide quand attaquer et quand laisser faire. Tout ce que je dois faire c'est continuer les analogies, ça rien n'a de sens et je ne veux pas me laisser broyer.

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