Je mange du faux chavroux à la petite cuillière, il m'a quitté. Ca fait onze jours. J'écoute Alizée à seize ans qui me parle de ses gourmandises que je ne comprennais pas quand j'étais enfant. Le bas de mes joues encore enflé et le craquement en tête, cette soit disant sagesse qu'on t'arrache les yeux grands ouverts. Le régime soupe purée yahourt fait tomber les kilos et mes cheveux ont repoussés.
J'ai lâché la pillule et j'attends mon rendez-vous pour savoir si j'ai le sang sale.
Le conseiller fou du CIO me rassure en me disant que les chances sont si faibles, pour un bac littéraire de réussir la première année de médecine en france, mais d'être d'accord avec moi à demi mots, et le petit drogué licencié de pharma à 25 ans. Je pavane mes jambes redevenues solides, mon vélo rouillé sous la pluie, et la ville ne saurait plus me faire ni de bien ni de mal. Je dois beaucoup de sous à mon collocataire, alors oui, quand les surgelés m'appellent j'accepte même si je les déteste, les idiots. Je redeviens moi même parfois, ou peut-être est-ce absolument nouveau. C'est comme s'il m'avait lâché la main. Voilà, nous y sommes, il faut avancer maintenant, cela fait deux ans que tu te reposes et te remets, il faut grandir, avant de regresser. Tu n'as pas de place ici, à ne rien faire.
Je m'investie, je roule, je vais plus loin, monter et tenir cette association. M'oublier dans le sport. Ré apprendre les politesses honnêtes et les plaisir les plus simples, c'est la vie.
Personne ne leur rendra A. et J. ne reviendra pas me tenir dans ses bras. Etre enfin cette personne droite et aimante, celle forte et concentrée, généreuse et franche, que j'oubliais dans mon chateau de glace.
Peut-être le sexe et la séduction, me lâcher enfin, savoir à nouveau les délices.
Aller vers vous, malgrè mon intransigeance.
Je dois me déployer, briller enfin.

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