Je suis fatiguée. Exténuée de tension. Tire et pince, brûle et gâche. Mâches tes bouts de doigts. C peint, dessine, appose ses mains en couleurs sur des crânes en papier. Ca voudrait dire, beaucoup de travail. Spéculer. J'en suis fatiguée aussi, mais ça ressemble un peu à Speculoos. Crevée mes pneus à dire sans arrêt, oui, oui, c'est cela que je veux faire, pour toute la vie, c'est ça j'en suis sûre, vous allez voir, cette fois je vais y arriver. Il faut que ce soit utile, il faut que ce soit écologique, il faut que ça ne fasse pas de mal aux animaux, aux autres. Il faut que ce soit conscient. Mais ta gueule. Je tourne en rond sur mon petit manège, dehors et ça caille, trop de vent, de pluie, du vieux bois qui craque et pas chaleureusement. Retenue par quoi ? Il fait froid ici, comme ailleurs. De vieilles attaches, vieilles peurs. L'argent qui n'existe pas. D'autres mémoires de nos pères, comme je les hais, en sourdine, la pédale est coincée, j'abats avec fracas mes phalanges sur l'ivoire mais le voile feutré étouffe tout. Tousser en silence, les cordes vocales qui saignent. Tourner des pages grises et épaisse, lourdingues, vulgaires, qui oppressent. Tu veux tout, tout le temps, pas facile, pas évident, perdue. Des claques, des claques de mes propres mains sur mes propres joues, le son qui se perd comme pour tomber dans les pommes, les tympans qui résonnent en coups sourds et pathétique que je m'assène. Pour essayer de mettre de l'ordre dans mes idées noires, pour essayer de contrer l'angoisse qui essai de me noyer, autour, tout autour de moi. Attention aux rimes en faux pas, personne ne mérites, surtout pas toi, surtout pas toi, personnes n'a le mérite de. Parler, écrire, s'exprimer, avoir des choses à dire. Surtout pas, surtout, surtout soi belle et tais toi. Rien, rien ne t'appartiendra, toujours en dette, toujours sous une coupe froide et. Tu ne décideras de rien, jamais, jamais, toujours dans un coin nuageux de ton imaginaire de gamine, fausse, tout est, fausses, tes notes, tes sourires et tes joies. Perdu. Perdu, des coups qui se perdent.
Se plier à des règles et raturer sans arrêt, recommencer, le procédé, désapprendre, apprendre, se regarder, pas trop. J'ai peur, est-ce que ça existe même. Est-ce que quelque part, je pourrai faire ça. Pas ici, pas sans sacrifier. Toujours. Rien ne se perd, rien ne se crée. Il faudra transformer.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire